La taverne de benj

Bandes dessinées lues en 2002

Retour aux BD lues en 2003


[Mémoire cache]

Nomad

24/12/2002

Les couvertures et le format de ces albums (relativement petit format, 100 pages) ne le cachent pas, il s'agit de bandes dessinées de type mangas. Mais de manga à la française (le scénariste est Morvan, également scénariste de Hk, bien meilleur). Ainsi, le scénario peut paraître simpliste et déroutant pour les habitués de la BD européenne, le dessin également. En fait, les deux premiers tomes se lisent comme on regarde un film d'action, les suivants tournent un peu en rond et basculent parfois dans l'étrange. Pas déplaisant mais à lire d'un oeil indulgent.


[Le destin de Jane]

Fog - Volumes 1 à 2

24/12/2002

D'emblée, on est séduit par les couleurs et l'ambiance qui se dégage de cet album. On est loin des couleurs informatisées et ça fait du bien, vive l'ocre, le gris, le brun, on sent un réel soucis d'accorder ces couleurs page par page. Le scénario est plutôt classique mais bien enlevé, les rouages se mettent parfaitement en place pendant ces deux tomes, qui constituent le premier cycle.


[Le puit des abîmes]

Sanctuaire - Le puit des abîmes

05/12/2002

J'avais adoré le premier tome de Sanctuaire (USS Nebraska, dont le dessin est rugueux mais quasi cinématographique et dont le scénario, mi Abyss, mi Cthulhu, mène lentement le lecteur dans un climat glauque et angoissant et huis-clos. Après avoir lu ce deuxième tome, le premier tome devient presque lent et pâle, tellement celui-ci est opressant. L'angoisse monte jusqu'aux dernières pages, qui sont apocalyptiques et il faut avouer que les couleurs participent à ce climat malsain de film d'horreur (chapeau au scénariste et au dessinateurs, qui devraient passer à la réalisation de films !). Bref, une excellente BD, au dessin et au scénario maîtrisé, à lire tout seul chez soi tard le soir, avec toutes les lumières éteintes sauf la lampe de chevet.


[Exode]

Libre à jamais - Exode

12/11/2002

Autant je n'avais pas aimé le tome précédent, qui reproduisait en accéléré l'histoire du premier cycle de la guerre éternelle, autant ce tome est très intéressant et original. En fait, on se demande pourquoi avoir édité le premier... Le dessin a bien évolué depuis le premier cycle (et même depuis l'album précédent) et avec des années en plus, les personnages sont méconnaissables. Le thème des vétérans qui ne trouvent plus leur place dans le monde est ici traité avec bien plus de finesse que dans les tomes précédents et leur rebellion est excellente. Des dialogues savoureux et une fin étonnante font de cet album un véritable plaisir à lire.


[Frêres de sang]

Chinaman - Frères de sang

12/11/2002

Chinaman est l'exemple type de la bande dessinée d'aventures à caractère historique. Mais ici, ce contexte est plutôt original (la vie d'un émigrant chinois aux États-Unis au siècle dernier). Curieusement, j'accroche moins à ce tome qu'aux précédents. C'est peut-être à cause des personnages, dont le stéréotype est exagéré ces derniers albums, c'est peut-être à cause de la trame, qui reproduit pratiquement à l'identique les albums suivants, tout en s'appauvrissant. Ceci-dit, Chinaman reste une bande dessinée de qualité, au dessin très fin et aux couleurs assez bien réalisées, agréable à lire. À recommander aux amateurs d'histoires et d'aventure.


[Mon père saigne l'histoire]

Maus I

12/11/2002

Maus, c'est un monument de la BD. Il s'agit d'un essai quasi unique dans son genre, d'une bande dessinée historique racontant au jour le jour la vie du père du dessinateur pendant la shoah. Il s'agit avant tout d'un témoignage, le dessin s'effaçant derrière la narration, parfois drôle, souvent féroce. Art Spiegelman réussit le tour de force de raconter un épisode aussi noir de l'histoire sans insister sur les effets dramatiques, mais avec une force hors du commun grâce à tous les petits détails qui transparaissent par le support du dessin. J'attends avec impatience de tomber sur le volume deux.


[Meresankh ou le choix de Seth]

Sur les Terres d'Horus - Meresankh ou le choix de Seth

12/11/2002

Ayant adoré Khaemouaset ou la loi de Maat, je ne pouvais que me jeter sur cet album (oui, je sais, j'aime toutes les BD d'Isabelle Dethan ;-)). Le premier tome s'arrêtait de manière ouverte, laissant énormément l'imaginaire travailler. Ce tome dévoile une partie du mystère à peine esquissé dans le premier, sans pour autant donner toutes les pistes. Les personnages sont vraiment attachants, d'une rare humanité, le dessin superbe comme toujours. Quand aux couleurs, elles sont tout simplement magnifiques, on reste en admiration sur les paysages. De l'aventure et de l'émotion ajoutent à ce tome le rythme qui manquait peut-être dans le premier, on pardonnera ainsi la fin du tome quelque peu abrupte mais qui promet une fin de cycle des plus intéressantes.


[La meilleure des mères]

Murena (volumes 1 à 2)

18/10/2002

Ceux qui aiment le péplum seront comblés par cette superbe série, au dessin subtil et aux ambiances tantôt feutrées, tantôt effrayantes. On y retrouve l'époque de Néron (chapeau au documentaliste) avec son lôt d'intrigues à faire passer Richelieu pour un ange, de trahisons, d'ors et de luxe. Le scénario est bien évidemment tiré de fais réels, avec toutefois un traitement romancé. Le résultat est superbe et haletant. Une vraie réussite, mais une mention spéciale pour la préface, d'un historien, qui mériterai d'être jeté aux lions pour dévoiler la fin du cycle !


[Jean sans lune]

De cape et de crocs - Jean sans lune

13/10/2002

De capes et de crocs est une série construite par des amoureux de théatre. Certes, le scénario fait constamment référence à l'art dramatique, mais c'est surtout la construction du scénario, le rythme et les personnages qui font de cette série un spectacle coloré et vivant. En outre, l'humour non-sense, la parodie, les dialogues surréalistes et les situations décallées rendent la lecture très plaisante. Ce tome clôt le premier cycle et apporte une réponse inattendue à de nombreuses intérogations. De plus, il ouvre de manière fracassante un deuxième cycle prometteur. Une série sans prétention, amusante et attachante.


[Trolls dans la brume]

Trolls de Troy - Trolls dans la brume

13/10/2002

Un bon Trolls de Troy, où Arleston revient uax origines quasi gauloises de la série (l'ombre de Goscinny plâne sur le scénario). Autant le dernier tome avait été décevant, autant celui-ci est jubilatoire, tantôt fin, tantôt lourd ... mais c'est ce qu'on aime chez les trolls ! Les dialogues sont vifs et les jeux de mots toujours aussi tordus, quand au dessin, toujours égal à lui-même. Peut-être le meilleur album de la série.


[Gladys]

Pin-up (volumes 3 à 6)

13/10/2002

Lorsque j'ai lu (puis relu) le premier cycle de la série Pin-Up, j'avais été enchanté par les personnages, de la frêle et innocente Dottie au vilain Miller, en passant par le GI obsédé par une femme virtuelle. Dans ce cycle, les personnages ont peu de relief et l'intrigue, confuse, ne parvient pas à ce qu'on s'y attache. En outre, des éléments scénaristiques plutôt ridicules viennent gâcher le plaisir du lecteur (c'est fou comme les avions ont tendance à se crasher sans raison et comme les héros s'en tirent avec quelques égratignures sans conséquences). En bref, un cycle très en dessous du premier et bien que le dessin soit toujours aussi beau, on s'ennuie ferme.


[Bloody Manhattan]

Miss (volumes 1 à 4)

12/09/2002

Vous aimez la série noire ? Alors oui, cette BD est pour vous. Ce sont les aventures de deux personnages hauts en couleur dans la pègre de la prohibition. Certes, bien qu'il s'améliore d'un album à l'autre, le dessin est plutôt rebutant d'un premier abord, mais il participe à l'ambiance autant que les couleurs, grises, sales. Mais la véritable force de cette série est le scénario, digne d'un vrai roman graphique, avec des dialogues et des situations percutantes, avec de vrais personnages, sensibles et durs, profonds, réels.


[Le vol du corbeau]

Le vol du corbeau

10/09/2002

Le vol du corbeau est écrit dans la lignée du « Sursis, » qui se passait à l'époque de l'occupation et qui mettait en scène la vie de deux Aveyronnais. Dans ce cycle, on croise celle que l'on croit être la soeur de Cécile, l'héroine du cycle précédent. Le dessin (à l'aquarelle) de Gibrat est toujours aussi magnifique et son Paris est des plus réussi. Malgré une première partie un peu lente et des dialogues moins percutants que ceux du « Sursis, » cet album est très bon, on se laisse bercer par le rythme doux de l'intrigue et les personnages tous plus attachants les uns que les autres, y compris les crapules. Vivement le suivant !


[Les liens du sang]

Le tueur - les liens du sang

09/09/2002

La suite de la saga du Tueur. Je reste en manque de superlatifs pour cette série. Cet album est aussi bon que les précédents et développe la personnalité de personnages un peu laissés de côté les albums précédents. Toujours conté à la première personne subjective, avec peu de dialogues, le scénario est dense, haletant et cynique. On tremble avec le tueur pour lui et son équipe. Côté dessin, Jacamon fait toujours partie de mes dessinateurs préférés: le niveau de détail de son dessin est hallucinant, au point où on se surprend à fixer certains dessins au bout du nez pour se convaincre qu'il ne s'agit pas d'une photo: Jacamon mixe le photoréalisme et la suggestion, tout en travaillant en profondeur dans la lumière. Assurément un des meilleurs albums de l'année.


[Zéro Absolu]

Zéro Absolu

22/08/2002

Une autre série de Christophe Bec, le dessinateur de « Sanctuaire, » aux Humanos. Visiblement, lui et Mazarano, le scénariste, se sont amusés car le dessin est parsemé de références à d'autres BD (des images reprises de Maus par exemple) et plusieurs pages sont des extraits de films BDifiés par Bec. Bien que déroutant, le procédé augmente le côté cinématographique du dessin, nerveux, âpre et sombre. Côté scénario, on retrouve le même schéma que Sanctuaire, une équipe de bidasses, avec un humour très militaire, qui débarque dans un coin inconnu avec une mission qui les dépasse. Le script est directement pompé de nombreux films et n'est donc pas original pour deux sous, mais cette BD reste assez palpitante malgré des invraissemblances et les maladresses du scénario, du moment qu'on reste bon public. À réserver aux amateurs du genre.


[Massilia]

Hk - Massilia

06/08/2002

Une BD surprenante, entre le manga (le premier cycle d'Hk a clairement des accents manga) et la BD européenne. Le dessin est surprenant jusque dans ses moindres détails (y compris dans une scène d'amour à tomber par terre, qui court sur plus de sept pages). Les couleurs informatisées sont pour une fois au service du dessin pour lui donner un look « jeu vidéo. » Bien que le scénario (une histoire d'amour dans une caserne) soit léger, on s'attache bien vite aux personnages, tout particulièrement à Karl, le héros, qui promène sa nonchalance jusqu'au moment où il ne pourra plus faire semblant que rien ne le touche.


[Shadow]

Largo Winch - Shadow

06/08/2002

Peu de choses à dire de cet album, qui s'insère exactement dans la suite du précédent. Un peu décousu je trouve, mais bien plus thriller, avec je trouve un peu de retour aux sources des précédents albums. Les ficelles sont un peu grosses, mais au final toujours aussi distrayant.


[...]

Bouncer - La pitié des bourreaux

06/08/2002

Bouncer, c'est noir ... très noir. Étonnant de la part de Boucq et Jodorowsky qui nous déjà fait de très belles séries humanistes. La pitié des bourreaux est le tome deux, celui qui clôture la série. J'aime toujours autant le dessin de Boucq, ses personnages tous plus laids les uns que les autres, ses couleurs et les grands espaces pour lesquels ont sent qu'il s'est amusé. Au final, un bon western bien noir avec un brin d'histoire initiatique, cette BD ravira les fans d'Enio Moricone et les lecteurs les plus cyniques. En tout cas, superbe.


[Crochet]

Peter Pan - Crochet

06/08/2002

Loisel continue la saga Peter Pan, à la fois fidèle au récit original et totalement iconoclaste (on est loin de Walt Disney !). Cet album est riche en surprises, tout comme les précédents, et nous en ménage une de taille tout à la fin, il relance totalement l'intrigue ! Certains personnage (dont Crochet) sont de plus en plus attachants ... vivement le prochain album.


[La Tour]

La Tour

06/08/2002

La tour est une de ces BD qu'on lit comme un monument. J'adore le dessin de Peeters, qui est pharaonique à l'image de la Tour, cet immense ensemble aux dimensions improbables et aux multiples détails. Peeters a été architecte, ça se voit. Le dessin de la Tour joue avec les lumières et donne une impression d'après-midi d'été, ce qui est très fort en noir et blanc, avec quelques images colorisées par ci par là dans l'album. J'adore cet album, il est à la fois très humain et totalement nonsense comme tous les albums des cités obscures. Un vrai roman graphique.


... une longue période sans lecture de nouvelles BD pour cause d'interdiction de sortie ...
[La Dette]

Le Tueur (volumes 1 à 3)

05/06/2002

Si vous n'aimez pas le cynisme, ne lisez pas cette série. Elle raconte les aventures désabusées d'un tueur à gages solitaire et blasé, à la morale toute personnelle et discutable. Le dessin est simple, réaliste mais plus dépouillé mais suggessif que photoréaliste. Le dessin du Tueur utilise très efficacement les jeux de lumière et les couleurs pour suggérer un décors, une ambiance (des bas-fonds de New York aux plages sablonneuses du Vénézuella). Tout au long d'albums qui couvrent chacun une histoire quasiment auto suffisante, la trame de fond s'épaissit et se raffine. Le Tueur (irrésistible avec ses manies et sa tête de professeur) a été spolié et il n'est pas content. Et c'est tant mieux pour nous, on en redemande.


[La Frontière Invisible]

La frontière invisible

05/06/2002

Je dois l'avouer, j'adore les dessins de Schuitten, j'adore les univers biscornus et nonsense de Peteers (lisez Brüssel). Cet album est plutôt différent des précédents dans le sens où il s'interesse de très près à la psychologie des personnages, là où dans les précédents, le décors et les événements prenaient le pas. La Frontière Invisible apporte de plus une réflexion politique sur l'utilisation de la cartographie par les gouvernements (la carte n'est pas le territoire). Malgré tout, on retrouve toujours l'humour décallé des Cités Obscures et, surprise, un compagnon canin qui accompagne le héro dans ses déplacements. Une bonne nouvelle que Peteers et Schuitten se remettent à l'ouvrage. :-)


[L'Héritier]

Largo Winch (volumes 1 à 4)

29/05/2002

Évidemment, j'avais déjà lu Largo Winch (et plusieurs fois, même). Il ne s'agit donc pas d'une découverte mais plutôt d'une redécouverte. Que dire ? Que Largo Winch est toujours aussi agaçant par son attitude de premier de la classe, mais qu'on lui pardonne tout parcequ'après tout, c'est un sacré charmeur ? Que bien que l'histoire soit grand public, on s'y accroche pour connaître la fin? Largo Winch est le type même de bande dessinée commerciale grand public de bonne qualité (Van Hamme connaît son métier) qu'on lit sans déplaisir, comme on regarde un téléfilm pour se délasser. On passe un bon moment.


[Khaemouaset ou la loi de Maät]

Sur les terres d'Horus - Khaemouaset ou la loi de Maät

22/05/2002

Ayant adoré « Mémoire de Sable, » je ne pouvais que me jeter sur cet album. Le travail documentaire est énorme et le souci du détail poussé jusqu'à la maniaquerie, on a vraiment l'impression de partager la vie d'Égyptiens de l'époque, ils ne sont pas figés ou artificiels comme c'est le cas de nombreuses histoires. Évidemment, le dessin d'Isabelle Déthan (à l'aquarelle) est toujours aussi superbe. En outre, la psychologie des personnages est toujours aussi présente, on y croit. Décidément, j'adore Isabelle Déthan et tous ses albums.


[Comptine d'Halloween]

Comptine d'Halloween

15/05/2002

En manque de polar noir, je me suis offert « Comptine d'Halloween. » Et je ne suis pas déçu, on se croirait dans un de ces thrillers qui fleurent bon la petite bourgade américaine et les vengeances qui se mangent froides. Comme au ciné, les flics comptent les morts et la frèle héroïne terrorisée et martyrisée enquête. C'est efficace et haletant, le dessin est plutôt conventionnel mais avec le renfort de couleurs glauques (malheureusement, certainement crées avec le support de l'ordinateur), il sert bien l'ambiance poisseuse (vous avez vu shinning ?). Côté scénario, on a vu plus original (on se doute dès le début du meurtrier), mais les personnages sont attachants et c'est globalement bien ficelé. À conseiller aux cinéphiles (d'ailleurs, les références au cinéma fantastique ou policier sont nombreuses).


[L'expédition]

Bételgeuse - L'Expédition

15/05/2002

Bételgeuse est une série de science fiction assez décallée par rapport à ce qui se fait dans le monde de la BD: pas d'aliens, pas de fin du monde, pas de guerre intersidérale, juste des hommes et des femmes qui tentent de survivre sur une planète relativement accueillante et les luttes qu'il peut y avoir entre eux. Les dialogues tout comme le dessin et les expressions des personnages sont hyper réalistes, ce qui les rend d'autant plus proches de nous (encore que certains dialogues fassent un peu adolescents). Et chapeau pour le travail de reconstitution de l'univers, la faune et la flore sont originales, on à l'impression que Léo est vraiment allé sur Bételgeuse. En tout cas, cet album est un des meilleurs de la série, on apprend beaucoup de choses sur l'intrigue et le scénario est très prenant.


[La caste des Métas-barons]

La caste des Métas-barons - Othon le Trisaïeul

29/04/2002

Tiens donc, encore un Jodorowsky ! Mais cette série manquait à ma collection. Jodorowsky a toujours une imagination aussi fertile et un univers aussi baroque, mais je n'arrive pas à avaler le personnage et la fierté du « plus grand guerrier de l'univers plus fort que tout, » que je n'arrive pas non plus à apprécier chez Herbert. La comparaison n'est pas fortuite, la deuxième moitié de l'album fait penser à Dune avec le saccage d'une planète désertique peuplée de guerriers fanatiques par l'empire et ses sbires. Ceci passé, reste un album au dessin magnifique (Gimenez !) bien mené.


[Rouge De Chine]

Rouge de Chine (volumes 1 à 4)

29/04/2002

Rouge de Chine, c'est l'histoire d'un Européen du XIXè siècle qui débarque en Chine et qui s'y ennuie, qui ignore son père et la révolte grandissante des chinois face aux Européens. C'est aussi une belle histoire d'amour, un dessin appliqué, des personnages très attachants et un scénario implacable. J'avais lu cette BD il y a de nombreuses années et je l'avais adorée (et attendez, les trois tomes suivants sont très bien aussi !), c'est toujours le cas.


[L'ange bossu]

Mégalex - L'ange bossu

25/04/2002

Personellement, j'avais beaucoup aimé le premier tome de Mégalex. On y retrouvait toute la folie de Jodorowsky et son univers technoïde décallé et déshumanisé. Cet album est encore meilleur. Là où le précédent traitait de Mégalex, la ville géométrique, cet album traite de la vie des rebelles, ludites et partisants de la nature. Le dessin, toujours entièrement informatisé, est superbe, il est juste dommage que certaines cases soient dessinées par la 3d vectorielle et non pas par une palette graphique et 'toshop. J'adore les personnages, tous torturés et leur psychologie qui est très profonde. Un grand scénario et un très grand dessin.


[Marc ou le réveil du lion]

Le troisième testament (volumes 1 à 3)

15/04/2002

J'ai acheté ces BD pour deux raisons: d'abord, le scénariste est Xavier Dorison, l'auteur de l'excellent Sanctuaire et aussi de Prophet. Ensuite, les couvertures sont magnifiques (sans conteste, parmis les plus belles des BD que je possède). Pour résumer, on a affaire à un Indiana Jones médiéval sous fond d'intrigues politiques et religieuses et d'inquisition. Au final, c'est plaisant à lire mais pas très original (on a l'impression d'avoir vu ces scènes 15 fois au cinéma). Le troisième testament est vraiment de la BD grand spectacle, avec ses méchants très méchants, ses vieux baroudeurs qui ont tout vu (Marbourg est au final un personnage exaspérant), avec ses filles siliconnées, ses scènes d'actions exagérées ... mais aussi avec ses magnifiques paysages. On sent vraiment qu'Alice, le dessinateur, s'en est donné à coeur joie.


[Fils de Flingue]

Juan Solo - volumes 1 à 3

10/04/2002

Une chose qui m'a frappé dès l'ouverture de cette BD, le dessinateur n'est autre que Bess et le scénariste Jodorowsky ... c'est à dire les deux compères du Lama Blanc. Autant dire que les couleurs sont tout aussi particulières que dans le Lama Blanc. Mais le scénario est noir, très noir, un peu trop même. Les personnages sont âpres (un peu trop même) et Juan Solo n'est pas particulièrement le genre de personne qui fait dans la dentelle, il faut dire que c'est plutôt rare une bande dessinée qui relate l'histoire d'un authentique salopard. Au final, un peu trop sombre et un scénario un peu trop gratuit à mon goût, mais je lirai cependant le tome quatre avec plaisir.


[USS Nebraska]

Sanctuaire - USS Nebraska

09/04/2002

J'avais déjà lu cette BD lors de sa sortie, mais j'avoue ne pas être déçu par sa relecture. Décidément, une des meilleures BD de ma bibliothèque. Il y a à la fois un peu d'Abyss et un peu de Lovecraft dans cette BD. Certes, les personnages ne sont pas vraiment originaux, mais leur psychologie est profondément travaillée et on s'y attache assez vite. Le dessin pourra rebuter certains par sa rugosité, mais les couleurs sont superbes (les effets de lumière sont superbes et l'auteur ne cache pas sa préférence pour le bleu et le vert). Et au final, l'ambiance est à couper au couteau, cette BD est un vrai bon thriller sous-marin, un huis-clos comme on les aime.


[Libre à jamais]

Libre à jamais

05/04/2002

La « suite » du précédent. En fait de suite, c'est l'histoire d'un des personnage (Marigay) pendant la fin du cycle précédent, là où on l'avait laissée pour se concentrer sur William Mandella, l'autre personnage principal. Déception, l'histoire reproduit pratiquement exactement les deux derniers tomes du cycle précédent et finit un peu en queue de poisson (en fait, il annonce une suite qui aurait très bien pu être initiée à partir du cycle précédent). Le dessin a vraiment évolué depuis la fin du cycle précédent pour devenir plus organique mais avec un trait moins précis, les personnages sont pratiquement méconnaissables sur la première moitié de l'album.


[Libre à jamais]

La guerre éternelle (volumes 1 à 3)

03/04/2002

Quel choc ! J'ai lu les trois tomes (en édition intégrale) de ce cycle un soir d'une traite. Ce cycle est en fait l'adaptation d'un roman de science fiction basé sur l'expérience de l'auteur au Vietnam et ça se voit. Les personnages et leurs relations sont d'une profondeur assez complexe. Il y a quelque chose d'attendrissant à voir ces personnages se débattre dans un monde qu'ils ne connaissent pas et qui jouent un jeu sans savoir où ils iront ni pourquoi ils y jouent. Le cycle dure plus de mille ans et pourtant, on a l'impression que les personnages se défendent en vivant dans l'immédiateté ... peut-être est-ce lié ? Quant au dessin, assez rugueux au début, il s'affine au fur et a mesure de la série jusqu'à devenir fluide. Cet album a beau laisser un goût amer dans la bouche, il est passionnant et se lit d'une traite.


[Le lama blanc]

Le lama blanc - La quatrième voix

02/04/2002

Je trouve cette série plutôt étonnante. À première vue, on pourrait s'attendre à une simple apologie de la « sagesse tibétaine, » mais les personnages sont nettement plus complexes et torturés (il suffit de constater la lente plongée dans la folie de la mère de Gabriel). Le dessin de Bess est toujours aussi splendide et les couleurs sont toujours aussi étranges, tantôt jaunes, ocres, mauves, marrons, bleues, jamais naturelle. J'aime vraiment beaucoup cet univers.